Dans la tente de Sergeï sur l’île d’Olkhon

En voyage on ne sait jamais de quoi sera fait le lendemain. Le hasard des rencontres et des chemins choisis peut nous conduire tout aussi bien vers une journée ordinaire ou décevante que vers une journée incroyable. Ce soir là dans le petit village de Khujir sur l’île d’Olkhon, c’est une surprise presque magique qui nous attendait…je vous laisse découvrir ça en images 😉

Et pourtant rien ne laissait présager un dénouement si heureux! Notre périple au lac Baîkal avait plutôt mal commencé. Revenons 24H plus tôt dans l’aventure…On est mercredi soir, après 2 jours de train sans douche, nous venons de passer une journée entière dans le froid et la pluie à Irkoutsk (traduction: on est fatigués, on est sales et on a froid!). Malgré tout, on se motive à cuisiner une quiche et un gâteau pour les couchsurfers qui nous hébergent ce soir. On se débrouille avec les moyens du bord: 1h dans un supermarché pour essayer de trouver des ingrédients à peu près équivalents à ceux qu’on a en France, pas de rouleau pour étaler la pâte, pas de batteur ni même de fouet pour monter les blancs en neige…bref le parcours du combattant pour préparer un repas basique! D’abord fiers de notre exploit, le moral retombe rapidement en voyant que nos hôtes mangent sans même nous prêter attention et passent leur soirée à se parler en russe. Nous jouons donc les figurants sur le canapé et attendons impatiemment le lendemain…Mais nos mésaventures continuent, ce fameux lendemain matin nous arrivons à la gare routière à 9h10, pas de chance! L’unique bus de la journée se rendant sur l’île d’Olkhon vient de partir à 9h…Bien sûr le filon est bien connu par tous les taxis et autres chauffeurs non officiels du coin qui essaient tous de nous faire monter dans leur véhicule, évidemment à des prix bien plus élevés que celui du trajet en bus…bon de toute façon on n’a pas vraiment le choix, hors de question de rester un jour de plus à errer à Irkoutsk. Allez va pour le mini-bus…ah ben non trop tard, le temps de se décider il vient de partir lui aussi…pff le désespoir commence à m’envahir, on ne quittera jamais cette ville! Un autre mini-bus est là mais nous ne sommes que 4 à bord, 2 filles russes et nous, le bus ne partira que quand il sera plein…au bout de 2H d’attente toujours aucun passager supplémentaire. Le chauffeur voleur arnaqueur nous demande de payer 1 000 roubles chacun pour qu’il parte. Même pas le temps d’y réfléchir qu’un soit-disant coup de fil à un collègue lui apprend que les voitures ne peuvent plus prendre le bac pour traverser le lac car la queue est trop longue. Seuls les mini bus seraient prioritaires, son précieux service vient donc de passer à 1 500 roubles par personne. Une des 2 russes parle anglais, nous nous concertons et finissons par accepter l’offre en désespoir de cause. Mais nouveau rebondissement, l’offre n’est plus valable! Il est maintenant trop tard et le chauffeur voleur arnaqueur prétend qu’il devra rentrer sans aucun passager, le prix vient donc de passer à 2 000 roubles par personne. Cette fois c’en est trop! Nous reprenons nos sacs et nous hâtons de quitter ce satané véhicule. Nous restons avec les 2 russes et après quelques rebondissements supplémentaires nous obtenons enfin un taxi pour Khujir…et c’est par cette suite d’événements hasardeux que nous avons finalement rencontré un chauffeur de taxi incroyable et réalisé un trajet inoubliable 🙂 Les rires fusent dans la voiture, le chauffeur est un gaillard enjoué qui chante, danse, fait des blagues (en russe bien sûr!), met la musique à fond et s’arrête pour qu’on puisse prendre des photos.

Nous nous éloignons enfin des grandes villes, le paysage est splendide.

Nous dévalons les routes à 150 km/h avec Linkin Park à fond dans les haut parleurs. C’est l’automne en Sibérie et la forêt s’est parée de ses plus belles couleurs.

Après 6H de voyage mémorables nous arrivons à Khujir, un petit village sur l’île d’Olkhon. Un endroit paisible, resplendissant, magique. Debouts sur le haut de la colline nous admirons les reflets du soleil couchant sur le grandiose Baïkal. Sergeï notre hôte de ce soir nous ouvre les portes de son petit paradis : Philoxenia. Ce grand barbu zen et souriant est un homme à part qui parle russe, français, anglais et grec, qui tient une maison d’hôte mais accueille aussi en woofing, en couchsurfing et sonne les cloches de la petite église orthodoxe du haut de la colline. Dans son jardin trône la tente qui est réputée avoir appartenu à l’aventurier français Sylvain Tesson. C’est une tente de luxe avec un poêle à bois pour le chauffage, de l’électricité, un micro-onde et de la place pour une dizaine de personnes. La porte y est ouverte pour tous les voyageurs de passage, nous posons nos affaires dans cette auberge espagnole russe. Les 3 jours qui suivirent sont gravés dans nos mémoires et nos coeurs et resteront pour sûr un des meilleurs moments de ce voyage.

2 réflexions sur “Dans la tente de Sergeï sur l’île d’Olkhon

  1. Super ces vidéos! Ça fais voyager! Je suis contente de pouvoir vous suivre dans vos aventures! J attends les prochaines impatiemment. Je vois que vous faites de belle rencontre et que vous decouvrer des endroits super! Profiter en bien! À bientôt

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *