Chengdu pour le meilleur et pour le pire

Notre arrivée catastrophique à Chengdu s’explique-t-elle par le fait que nous soyons un vendredi 13…? Superstition ou pas, nous voilà au beau milieu de la nuit, à presque 2h du matin, dans la pluie et dans le froid, sans hébergement. Chengdu ne nous aura pas offert un accueil des plus chaleureux!

Tout a commencé quelques heures plus tôt avec un retard de train, finalement SNCF ou équivalent étranger même refrain 😉 Qu’à cela ne tienne, le contrôleur et nos voisins de banquette sont plutôt sympas, cela nous offre du temps supplémentaire pour discuter avec eux.

Bon on n’avait tout de même pas prévu d’arriver à plus de 23H30 en ville, heure un peu tardive pour trouver de l’aide en cas de  problème…et les problèmes commencent bel et bien à pointer le bout de leur nez! Selon notre carte, l’hôtel que nous avons réservé devrait se trouver juste devant nous…où se cache-t-il? Nous tentons d’interpeller les locaux mais personne ne semble parler anglais par ici. Grâce à notre adresse traduite en chinois on arrive tout de même à attirer l’attention de quelques passants…qui nous amènent à divers endroits…devant des portes à chaque fois différentes…et à chaque fois fermées! Devant nos têtes désespérées, un petit vieux de sortie pour promener son chien se prend d’affection pour nous, il ne parle pas un mot d’anglais mais nous entraîne à petit pas devant une nouvelle porte, elle aussi fermée. Décidé à ne pas nous abandonner là, il nous fait ensuite faire le tour de tout le quartier, toujours à petit pas, à la recherche d’un endroit où passer la nuit. Pauvre petit chien dont la sortie a été retardée et qui, ne pouvant se retenir une seconde de plus, urine dans le hall de l’immeuble. Nous ne voudrions pas abuser de la générosité de cet homme et le quittons pour qu’il puisse enfin promener son fidèle compagnon. Il faut se rendre à l’évidence, cela fait plus d’une heure que nous tournons en rond, on ne trouvera jamais cet hôtel et il serait plus que temps de se mettre à la recherche d’un nouvel hébergement, l’heure tourne et les rues se vident. C’est dans ces moments là qu’on se rend compte à quel point la technologie facilite nos vies. A l’autre bout du monde, dans un pays dont on ne parle pas la langue et sans wifi pour chercher un nouvel hôtel en 2 secondes sur un site de booking, on se sent soudain démunis…ressaisissons-nous, le tout est de ne pas se laisser abattre! On va marcher dans les rues et on va bien finir par tomber sur un hôtel…effectivement on ne marche pas longtemps avant d’en apercevoir un…mais le soulagement est de courte durée. A peine la porte entrouverte que les visages se ferment, les réceptionnistes ne parlent pas anglais mais les gestes sont clairs, pas de place pour vous, au revoir. Même accueil dans un deuxième, un troisième, un quatrième hôtel…il se passe quelque chose d’anormal là non? Comment est-ce possible qu’il n’y ait pas une seule chambre de libre dans aucun hôtel?? C’est notre tête d’étranger qui ne leur revient pas? La fatigue s’intensifie, je jette un coup d’œil à ma montre, presque 2H du matin, la pluie s’intensifie elle aussi, et cette ville parait de plus en plus inhospitalière, le moral est au plus bas, j’ai presque envie d’abandonner et de m’allonger juste là sous ce pont. Heureusement nous sommes 2 et le soutien de l’un entraîne l’autre jusqu’à l’étape suivante. Épuisés nous trouvons enfin un hôtel qui accepte de nous ouvrir ses portes, la nuit est à 50€, pas vraiment dans notre budget mais au point où on en est…

Mouais pas fameux ce petit déj! Nous apprendrons plus tard qu’en Chine de nombreux hôtels ne sont pas autorisés à héberger les étrangers, les seuls autorisés à le faire sont ceux qui sont équipés pour déclarer les étrangers au gouvernement. Pour ceux qui prévoient de voyager en Chine pensez donc bien à réserver vos hôtels à l’avance si vous ne voulez pas vous retrouver dans des situations périlleuses!

Bon l’expérience d’Olkhon nous a appris qu’après la malchance arrivent souvent les heureuses surprises. Chengdu a surement de bons côtés à nous montrer. On repart donc du bon pied en cette matinée ensoleillée, plus motivés que jamais à reprendre l’aventure. Et effectivement Chengdu nous as offert de joyeux moments durant les jours suivants.

Atelier de fabrication de dumplings, on ne maîtrise pas vraiment mais qu’est ce qu’on a rigolé en se débattant avec la pâte 🙂

Ambiance mystique dans les temples bouddhistes, en se frayant un chemin entre les fervents croyants au milieu de l’air chargé de fumée d’encens.

A la rencontre des pandas, troooop mignons !

Après midi amusante au People’s parc où l’on rencontre des professions insoupçonnés comme les nettoyeurs d’oreilles! Hommes étranges qui déambulent entre les tables en faisant tinter leurs oriculi et autres instruments métalliques à la recherche d’un client…cette technique est-elle vraiment appropriée? Les bons clients devraient être ceux qui n’entendent rien non? 😉

 

Et puis l’apothéose de notre séjour avec la rencontre de Julian, couchsurfer qui a fait de notre dernier jour en Chine un jour mémorable. Cet originaire de Hong Kong qui est né en Irlande et a voyagé toute sa vie est un gaillard débordant d’humour et d’énergie. Il nous accueille avec un café et un plateau de saucisson / fromage. Inimaginable en Chine ! Depuis le début de notre séjour nous n’avons pas trouvé un seul fromage dans les rayons des supermarchés! La découverte de son frigo est encore plus surprenante, on y trouve de la sauce bolognaise et du brie en conserve.

« Je suis lassé du riz » nous confie-t-il. On vient de trouver l’asiatique qui fait exception! Après cette mise en bouche nous allons déjeuner dans un restaurant typique du Sichuan. Lait de cacahuète, choux chinois, bœuf au bambou et des tas d’autres saveurs régalent nos papilles. Nous empruntons ensuite 3 vélos publics laissés sur un trottoir et pédalons dans les rues de Chengdu ; tout en essayant de ne pas perdre notre hôte qui slalome avec aisance entre les piétons, les voitures et les scooters. Agréable sensation de liberté pour notre dernière après-midi en Chine.

Un dernier détour à la boulangerie pour chercher une baguette (quand on sait où chercher on trouve de tout à Chengdu!) et la soirée se poursuit sous le signe de la gastronomie avec la concoction d’un dîner français. Au programme pain, vin et fromage, ratatouille et glace, framboises, chocolat en guise de dessert. Le tout sur un fond musical d’Amélie Poulain, agrémenté de nombreuses blagues. On a beau apprécier la cuisine chinoise, on se rend soudain compte qu’il n’y a rien de tel que les bonnes vieilles saveurs de chez nous! La soirée se conclut donc sur une phrase bien pensée : « L’estomac est la partie la plus patriotique de notre corps! »

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